Vendredi dernier, nous avons pris la route pour découvrir un nouveau parc provincial, celui de Graves Island. Habituellement, nous profitons du weekend de la fête de la Reine pour commencer notre saison de camping. Comme il coïncide avec l’anniversaire de Sofia, cette tradition est très significative pour notre princesse qui adore cette activité.
Après notre mauvaise expérience de la semaine dernière, nous étions pressés de remplacer les souvenirs du KOA par ceux d’un séjour dans un parc où nous pourrions admirer la beauté de la nature. Graves Island a répondu à la demande ! Nous avons adoré son environnement et l’ambiance qu’on y retrouve.
Ce parc est situé sur une ile au cœur de la baie de Mahone. Il offre des paysages typiques de la Nouvelle-Écosse : de l’eau, des plages, des arbres qui poussent sur le roc. Pour la première nuit, nous avions le site parfait avec une vue imprenable sur la baie !
Un endroit de rêve où les filles pouvaient rouler à bicyclette en toute sécurité, où nous pouvions sortir sans jouer du coude avec les voisins, où seul le chant des oiseaux était perceptible.
Juste parfait pour la fête de notre belle Sofia !
Samedi matin, jour de son 11e anniversaire, notre belle grande fille a eu le bonheur d’ouvrir ses cadeaux (une partie du moins !) à l’extérieur, sous les chauds rayons du soleil, bercée par le chant des oiseaux.
Après un déjeuner aussi spécial que celui que l’on puisse faire en camping (des œufs et du bacon), nous sommes partis explorer les sentiers pédestres.
Le parc est magnifique. Très tranquille, malgré le fait que tous les sites, ou presque, étaient occupés. L’énergie est sereine et paisible. Exactement ce que nous aimons ! Le seul point faible de l’endroit : il n’y a pas d’activités organisées comme on en retrouve dans les parcs ontariens (baguage d’oiseaux, centre d’interprétation, ateliers pour enfants, films en plein air, etc.). Ce parc offre peu de divertissement autre que la vue, 6 km de sentiers pédestres et une plage où la baignade est possible. Par contre, c’est un excellent pied-à-terre pour explorer la région de Mahone Bay et Lunenburg, et un bon point de départ pour une journée de géocaching.
Mais revenons à nos moutons… Le but de notre weekend était de découvrir un nouveau parc et célébrer la fête de Sofia comme elle aime le faire (camping, soleil, température chaude, déjeuner à l’extérieur, marche en nature). Il n’était que midi et notre mission était déjà un succès !
Nous avons alors été confrontés à un dilemme. Nous devions changer de site. Nous n’avions pas réussi à réserver plus qu’une nuit sur celui-ci, et notre deuxième lieu d’hébergement était loin d’être aussi intime ! La vue était magnifique, mais malheureusement l’espace était partagé avec un autre vacancier. Deuxième problème : la météo prévoyait de la pluie pour les deux prochains jours. Alors, tant qu’à piner la roulotte pour changer de site, pourquoi ne pas retourner à la maison, camper dans notre cour, et inaugurer la saison de baignade ? La piscine était prête depuis une semaine (froide, mais prête), le soleil était au rendez-vous pour encore quelques heures, la nature, l’intimité et le chant des oiseaux tout aussi présents !
Nous avons tenu un conseil de famille, nous avons voté, et 3 personnes sur 4 ont choisi l’option de retourner à la maison. J’ai donc perdu mes élections… j’étais la seule à vouloir rester à Graves Island.
Pourquoi étais-je prête à rester ?
Premièrement, partir en camping demande beaucoup de préparation. Surtout au printemps. Il faut être prêt pour la pluie, le froid, le soleil et les chaleurs estivales. Il faut penser aux repas (un gâteau de fête qui se mange en nature et qui entre dans le frigo, un déjeuner spécial, mais réalisable sur un BBQ minuscule), aux activités (passer par la bibliothèque, enregistrer les caches dans le GPS, penser au matériel nécessaire pour les devoirs, ne pas oublier la fête donc les chandelles pour le gâteau, les cadeaux), aux vêtements (apporter les costumes de bain « au cas où », mais aussi les bottes de pluie et les manteaux d’automne).
Génétiquement, il semble que toute cette partie de la planification retombe sur les épaules de la mère. Ajouter un cas de « commotions cérébrales sévères et PTSD » qui affecte la mémoire et la capacité d’attention de votre douce moitié et vous n’avez aucune chance de backup (ne vous inquiétez pas, il prend la relève pour bien d’autres détails!)
Partir en camping demande donc beaucoup d’énergie… Revenir après 24 h et devoir tout replacer dans la maison ? Absolument décourageant.
Deuxièmement, en camping l’espace est restreint alors les tâches ménagères le sont aussi. Quand tout a bien été planifié, une fois parti il ne reste plus rien à faire sinon relaxer et s’amuser. Revenir à la maison signifie tout ranger, mais aussi s’attaquer au ménage qui n’a pas été fait depuis des lunes, et au lavage qui s’est accumulé. Ça signifie aussi ne plus avoir aucune excuse pour ne pas s’attarder aux tâches administratives, au rangement du garage et à l’aménagement paysager.
Retourner aussi vite à la maison est donc de la pure torture !
Mais comme nous ne vivons malheureusement pas sous un régime matriarcal, j’ai remballé mes p’tits… avec un léger sursis : pour 24 heures nous serions encore en « camping » avec accès à la maison seulement pour l’eau et les toilettes. Un bon compromis.
Ce fut finalement une excellente décision, car nous avons pu offrir à notre fille « le plus beau jour de sa vie » ( encore une fois), comme elle nous l’a répété à de nombreuses reprises. Je l’avoue, c’était réconfortant de lui offrir une fête qui lui ressemble : en famille, en nature, à faire quelque chose de « spécial », peut-être même d’un peu fou (comme se baigner un 21 mai en Nouvelle-Écosse).
Quel bonheur de voir que le plaisir des enfants peut être aussi simple, malgré notre société dominée par la consommation, l’électronique et les activités principalement individuelles ! Je dois l’avouer que c’est avec soulagement que j’ai vu ma fille heureuse et comblée de vivre une journée de fête aussi « simple ».
Et comme nous n’étions pas officiellement dans la maison, je ne voyais pas les minous rouler sous les meubles, la poussière sur les tablettes ou les marques de doigts sur le frigo. Et j’ai pu savourer une bonne douche chaude, aussi longue que je le voulais.
Le bonheur.
Mais respecter ainsi la personnalité et les préférences de Sofia fait réfléchir. Cette fête m’a fait réaliser à quel point j’avais failli dans ma tâche, au moment de célébrer la fête de sa petite sœur…
À suivre…
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