Depuis que je fais de la photographie, j’ai appris à ne plus m’en faire autant avec la température. Grâce à ce passe-temps, je suis même capable d’apprécier une météo qui m’aurait démoralisée auparavant. Aujourd’hui, je renouvelle mon inspiration grâce aux changements de saison, au brouillard qui se lève, à la bruine qui perle sur les feuilles, aux nuages menaçants ou au ciel bleu azure. J’ai découvert le plaisir d’observer la nature sous différentes lumières et différentes couleurs alors qu’il y a quelques années à peine j’aurais préféré resté blotti au creux de mon lit dès l’annonce d’un nuage gris! Un changement d’attitude parfait pour explorer notre nouvelle province de résidence!
Les paysages de la Nouvelle-Écosse sont d’une richesse fantastique, et pour le plus grand bonheur des photographes, ils se renouvellent constamment grâce aux changements climatiques et saisonniers. La proximité de l’océan, ses nombreux lacs, ses villages de pêcheurs, ses phares, ses anses et ses criques sont une véritable mine d’or pour tous les artistes visuels. Et la température multiplie les scénarios photographiques!
Peggy’s Cove
Peggy’s Cove et sa beauté majestueuse, son village de pêcheur, son relief de roc où viennent se briser les vagues de l’Atlantique en font l’un des sites les plus photographiés de la côte est. Fondé en 1811 par six familles allemandes, ses habitants vivent aujourd’hui des revenus du tourisme et de la pêche aux homards. Cet endroit héberge aussi le plus connu et pittoresque des quelques 160 phares de la Nouvelle-Écosse.
Nous l’avons visité au printemps alors que l’hiver s’étirait et que la neige recouvrait encore le roc.
Nous l’avons revisité par une journée grise, avec nos amis venus de loin pour passer quelques jours avec nous.
Mais, quelle que soit la période de l’année, la prudence s’impose!
Encore cette année un touriste trouvait la mort en voulant observer les vagues de trop près. La puissance de l’océan qui rencontre le roc laisse peu de chance de survie à ceux qui se font happer par une vague. D’autres ont été entrainés par la mer après avoir glissé sur les roches noires, celles qui sont inlassablement arrosées par l’eau salée. L’imprudence des touristes a d’ailleurs inspiré un résident à créer le compte twitter @MoronsOfPeggysCove (et sa page Facebook), montrant des photos de visiteurs insouciants. Son objectif : conscientiser les voyageurs aux risques de la mer.
Si seul son décor majestueux ne suffisait pas à populariser ce village de la Nouvelle-Écosse, plusieurs personnes l’ont découvert le 2 septembre 1998 suite à la tragédie aérienne du vol 111 de la Swissair. Peu de temps après son décollage de l’aéroport JFK à New-York, un feu se déclarait à bord de l’avion. Le pilote a tenté un atterrissage d’urgence à l’aéroport d’Halifax, mais ne s’est jamais rendu. L’avion s’est fracassé en mer emportant avec lui ses 14 membres d’équipages et 215 passagers.
Si cette tragédie faisait la une à l’époque, je me souviens que le dévouement et le courage des pêcheurs et des habitants avaient touché le coeur des Canadiens. Le soir du 2 septembre, des douzaines de bateaux de pêcheurs s’étaient précipités sur les lieux de l’écrasement à la recherche de survivants. Les familles des disparus ont toutes témoigné de la générosité et de l’accueil des résidents lorsqu’ils sont venus se recueillir sur les lieux de la tragédie.
Aujourd’hui deux monuments commémoratifs, l’un d’eux à Whalesback situé à 1 km de Peggy’s Cove et l’autre à Bayswater, près de Lunenburg rendent hommage aux disparus de même qu’aux pêcheurs qui ont tenté de les sauver. Ces deux sites forment un triangle avec le point d’impact de l’avion en mer.
Vous pouvez découvrir Peggy’s Cove à pied ou par bateau. De nombreuses croisières permettent d’explorer l’endroit d’un autre point de vue et d’observer une faune marine diversifiée grâce à la rencontre de deux courants marins soit celui du Labrador et le Gulf Stream. L’observation des baleines est d’ailleurs en tête de liste des prochaines activités à faire en famille! Des excursions de pêche en haute mer sont aussi offertes et même une croisière réservée exclusivement aux photographes!
Gastronomie
On ne peut visiter un tel endroit sans casser la croûte dans l’un de ses restaurants. Lors ne notre passage au mois d’août dernier, nous avions prévu nous arrêter au Ryers Retail pour savourer quelques homards fraichement pêchés. Malheureusement, nous nous sommes frappé le nez sur une porte fermée.
Nous avons donc fait une deuxième tentative au Shaw’s Landing!
Un excellent restaurant où nous retournerons avec plaisir! L’accueil est chaleureux : même Kabir a eu droit de nous accompagner sur la terrasse et déguster un biscuit géant!
La nourriture était à la hauteur des attentes de deux familles souhaitant se gaver de homard! Sofia s’est régalée d’un sandwich au homard que plusieurs lui ont envié! De notre côté : chowder et homard cuit à la perfection! Pour les gourmets (et les enfants) qui ont peu d’intérêt pour les produits de la mer, ils offrent aussi des plats plus traditionnels.
En plus de nous régaler de la cuisine locale, nous avons découvert une bière régionale savoureuse :
Et la vue que nous offre la terrasse vaut le détour à elle seule :
Après avoir joué aux touristes à deux reprises, j’ai hâte de retourner visiter Peggy’s Cove, cette fois-ci lors de conditions photographiques optimales : au levé ou au coucher du soleil, pendant le golden hour, en l’absence de touristes ou quand la glace commencera à emprisonner les criques.
Le village comme le phare sont d’une inspiration sans fin.
À venir : la découverte du village de Lunenburg.
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