J’ai l’impression que mon été se sépare en deux. Il y a «l’avant Fundy» caractérisé par le brouillard de la fatigue, du stress et de l’insatisfaction face à mes attentes. Ensuite, il y a Fundy, mes retrouvailles avec moi-même et une (relative) paix intérieure.
Malheureusement, les premières heures ne laissaient rien présager de tout ça…
Ce départ pour la baie de Fundy fut comparable à toutes nos escapades en camping : chaotique et générateur de *&*%#@#%@%.
Premièrement, j’ai passé deux jours à préparer les bagages et les provisions ! Avant même de partir, j’étais déjà frustrée par mon manque d’énergie et ma désorganisation. Moi qui rêve de partir « simplement », dans le genre « attraper les clés du camion et sacrer mon camp » ! Oui, je sais, je suis d’une naïveté désarmante…
Ensuite, j’espérais quitter la maison avant le diner… mais nous sommes partis en début d’après-midi… sans avoir eu le temps de manger ! « On arrêtera en chemin » qu’il disait…
Finalement, le GPS prévoyait 2 h 45 de route… nous en avons mystérieusement pris 4 !! Je suis convaincue que nous avons été enlevés en chemin par des extra-terrestres ! Je ne vois aucune autre explication logique à cette monstrueuse perte de temps !
Naturellement, la famille a payé pour mon humeur exécrable ! Se donner tant de mal à préparer notre seul et unique voyage de l’été pour finalement perdre une journée complète pour une sortie de 4 jours / 3 nuits ? D’autant plus qu’on annonçait de la pluie pour le lendemain !! Après des semaines de sécheresse !! Non mais… !!

J’ai essayé de faire contre mauvaise fortune bon cœur, mais sans grand succès. Seule consolation : dénicher un sac de mes nouilles préférées dans le garde-manger de la roulotte alors qu’elles sont maintenant introuvables partout en Nouvelle-Écosse !

Pendant que le reste de la famille fuyait mon humeur massacrante pour aller s’acheter des hotdogs à la cantine du coin, je pouvais préparer mon plat préféré de pâte et prosciutto.

Quand nous avons quitté pour la baie de Fundy j’avais l’impression de ne pas en avoir fait assez… de ne pas avoir assez profité de l’été (j’aurais dû écrire mon bilan des vacances avant de partir plutôt que seulement la semaine dernière !). Je retenais ce que j’aurais voulu faire plutôt que tout ce que nous avions fait. Je voyais aussi notre été en fonction de mes objectifs, plutôt qu’à travers les yeux de mes enfants parfaitement comblés.

Le matin de mon réveil à Whale Cove, mon humeur était aussi grise que le paysage extérieur. Pourtant, tout le monde s’accommodait de la température ! Mon chéri dormait, Sofia lisait, Audrey jouait avec moi.

En début d’après-midi, pendant que tout le monde dormait/lisait/jouait, j’ai décidé de changer d’état d’esprit (je me tapais moi-même sur les nerfs !). J’ai sauté dans le camion avec ma caméra et je suis partie explorer les environs. J’aime la brume. J’aime la photographie. Déjà, juste de partir seule avec le camion a eu un effet bénéfique sur mon humeur. Moi qui prends habituellement le volant d’une rutilante minivan…

Je pensais partir loin, j’avais même prévu prendre le traversier, mais finalement le quai situé à 2 km m’a permis de me calmer et de me retrouver. Je suis tombée sur le bateau parfait pour immortaliser l’endroit. J’ai discuté avec un vieux pêcheur de la région qui m’a raconté l’histoire de Whale Cove et m’a fait goûté du poisson séché. J’ai enfin fait la paix avec moi-même, mes attentes, et mon été.

Après quelques photos et plusieurs grandes respirations, j’étais prête à aller chercher le reste de la famille pour partager avec eux mon nouveau coin de paradis.





Nous y sommes retournés pour admirer le coucher du soleil. Le calme après la tempête. Les prochains 48 h allait être de vraies vacances!

À venir : Balancing rock, Briers Island et baleines.
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